Le constat : la pauvreté bien réelle au Pérou

Comme nous l’écrivons ici, mettre le Pérou et les péruviens au cœur de notre projet à travers une dimension éthique était une des pierres angulaires de notre marque. Il est parfois difficile de se rendre compte de la misère humaine mondiale lorsqu’on a toujours habité dans un pays développé et riche (6ème puissance mondiale pour la France, rappelons-le).

La réalité pour le Pérou est tout autre. On ne va pas se mentir : le Pérou est un pays en voie de développement (je n’aime pas ce terme mais bon…)

Le taux de pauvreté est de 21,7% de la population. Vous savez ce que ça veut dire concrètement ? Que plus de 7 millions de personnes vivent avec moins de 338 soles de revenus par mois, ce qui équivaut à 86€.

86€ !!

Il faudrait une année complète de salaire pour se payer le dernier iPhone. 86€ quoi !

Après une baisse régulière depuis 2001, ce taux a malheureusement pris 1 point de croissance en 2017. Et entre nous, lorsqu’on s’éloigne un peu des gros axes touristiques de Lima, Cusco ou Arequipa, on peut vite rencontrer des enfants circuler dans la rue, entre les voitures, et vendre des bonbons, des paquets de mouchoir etc. La misère est là, elle est palpable, impossible de ne pas la voir.

Le plus triste dans tout ça ?

Le Pérou n’est absolument pas le pays le plus à plaindre, car de nombreux autres pays dans le monde s’en sortent vraiment plus mal (je ne détaillerai pas ça ici, mais vous pouvez facilement vous renseigner grâce à Google). Quand on n’a pas voyagé dans ce genre de pays, il est parfois difficile de se rendre compte de cette réalité

La prise de conscience (la vraie de vraie)

En tant que franco péruvien, je suis souvent allé au Pérou pour des séjours plus ou moins longs pour visiter ma famille. Cette réalité m’a toujours fait halluciner et m’a scandalisé depuis tout petit, et les années passant, j’ai vraiment pris conscience de cet écart de richesse… Mais également de la chance que j’avais d’avoir grandi en France.

Le tournant est arrivé en 2015 : Ça m’a vraiment sauté aux yeux lors d’un séjour long, où je me suis vraiment rendu compte de leur quotidien.

Comment ? Tout simplement en voyageant, seul avec mon sac, en m’éloignant des grandes villes « développées », en rencontrant des gens, en discutant avec eux et surtout en passant du temps avec eux. Et surtout en voyant de mes propres yeux des démarches et des modes de vie pas vraiment éthique.

Début 2015, j’ai eu la chance de rencontrer et de sympathiser avec des tisseurs rencontrés à Arequipa : ce sont des artisans qui travaillaient le « tissage de ceinture », technique millénaire, transmise de génération en génération qui permet de tisser de la laine d’alpaga en croisant des fils. Si tu veux en savoir plus sur cette communauté, je te recommande l’article ici.

Un des objectifs de Pitumarka : faire travailler les péruviens dans de bonnes conditions

Dès le départ du projet, notre objectif était clair dans nos têtes : agir à notre modeste niveau pour avoir une démarche éthique sur tous les maillons de la chaîne. L’étape la plus importante a donc été de chercher et trouver des fournisseurs d’alpaga et de coton bio certifiés.

Le label GOTS (Global Organic Textile Standard) certifie que la matière textile ne pollue pas l’environnement et n’est pas toxique pour ceux qui la manipulent pendant le process de confection.

Le label GOTS est le plus haut grade de certification textile : il a une grosse dimension éthique puisqu’il certifie également que les travailleurs sont bien payés et qu’ils ne sont pas exploités.

Un point extrêmement important pour Pitumarka quand on sait que 73% des travailleurs sont « informel » au Pérou. 3/4 de la population péruvienne en âge de travailler !! Tout simplement hallucinant.

Le travail informel, qu’est-ce que ça signifie exactement au Pérou ?

Et bien tout simplement que les travailleurs acceptent des conditions de travail peu reluisantes, des salaires à la baisse, et l’absence de retraite ou de sécurité sociale. Beaucoup d’entre eux, même sans avoir d’employeurs qui les exploitent, doivent travailler dans la rue pour survivre (vendre à la sauvette, faire des petits boulots, etc.)

Être déclaré dans une entreprise au Pérou est un énorme avantage pour le travailleur qui y gagne sur plusieurs points :

  • Un salaire minimum garanti : 930 soles, soit 250€. Chez nos partenaires, ce salaire est ajusté à la hausse en fonction de l’ancienneté.
  • 2 mois de salaire en « bonus » : 1 versé en juin et l’autre en décembre
  • 1 mois de salaire « bonus » par année bossée déposé sur un compte bancaire à part
  • La garantie d’avoir accès à la sécurité sociale
  • Un régime de retraite

Des vacances payées : 30j par an

Des certifications, en veux-tu en voilà

On pourrait vous parler des certifications pendant 3 plombes, du coup on a décidé d’en parler dans un article dédié dispo ici où on aborde quelques uns des labels parmi cette jungle de certifications éthiques.

Pour résumer, nos partenaires sont certifiés :

logo gots global organic textile pitumarka
USDA organic pitumarka
fairtrade pitumarka

Ces labels sont pour vous clients et futurs clients la certitude d’avoir des vêtements éco responsables et éthiques. D’où le souhait pour nous de travailler avec des partenaires certifiés et audités. La condition sine qua non pour faire les choses bien (sinon on serait juste une énième marque de fast fashion qui exploite les gens et l’environnement)

L’engagement éthique de Pitumarka : aider les communautés de tisseurs.

Nous sommes une jeune marque, très jeune même. Nous débutons. Mais même comme ça, on a souhaité agir plus à notre niveau. Clairement, on n’était pas obligé, mais c’était un souhait vraiment personnel.

Un peu plus haut, on t’a parlé des artisans tisseurs rencontrés 5 ans auparavant dans les environs de Cusco. L’histoire est assez longue à raconter, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous lui avons consacré un article dédié ici : …. Chez Pitumarka, nous avons su très vite que nous voulions les aider d’une façon ou d’une autre.

Le soutien financier 

Parce que c’est le plus palpable pour eux, nous avons décidé d’aider la communauté de AMARU avec une partie de notre chiffre d’affaires : Nous reversons entre 1 et 5€ sur chaque vente pour aider cette communauté avec leurs biens de premières nécessités.

C’est ce que Jean Guillaume avait fait à titre personnel lorsque il les avait aidé bien avant de créer Pitumarka : les habitants vivent simplement dans leurs habitations en terre, mais ils ont parfois besoin de casseroles, de réchaud, de vêtements, de couvertures, etc. Cette « cagnotte » est répartie entre les différentes familles de la communauté Amaru et sert à aider ces populations à acheter des produits pour leurs habitations.

Le soutien de l’association Andes :

Cette association s’est fixé comme objectif d’aider les populations locales en mettant en avant leur culture, leur savoir-faire, et en développant un environnement propice à la diffusion de leur art.

Cette vision est basée sur une philosophie de bien être appelée en quechua Sumaq Kawsay.

L’objectif est également de réduire la pauvreté de ces communautés.

En savoir plus

Mission de l’association Andes :

  1. Conserver la diversité agricole et protéger le patrimoine bioculturel
  2. Monitoring et recherche sur la pomme de terre de façon à l’adapter au maximum aux variations climatiques
  3. Défenses des communautés indigènes : droit à la terre, négociation d’intérêts communs

L’association à dominante éthique soutient également le « Parque de la Papa » (parc de la pomme de terre), véritable banque alimentaire qui met en avant les quelques 1300 variétés de pomme de terre.

Promouvoir le savoir-faire ancestral

Enfin, et c’est le côté qui nous rend le plus heureux et le plus fier d’eux : mettre en avant leur savoir-faire et leurs techniques de tissage. En quelques mots : leur donner de la visibilité sur la technique de tissage de la ceinture pour, pourquoi pas, leur permettre de vendre des tissus confectionnés à la main pour votre plus grand bonheur.

technique de tissage de ceinture inca - pitumarka