Comparatif des certifications et labels textiles éco responsables et éthiques

certifications et labels textiles - le points sur GOTS fairtrade oeko tex

« Certifications textiles », « vêtements éthiques », « vêtements éco-responsables »…

Difficile de s’y retrouver dans cette jungle d’appellations et de labels écolos.

D’ailleurs, comment faire confiance aux marques ? A qui faire confiance ? Et quels sont les labels les plus stricts et ceux qui couvrent un maximum de points ?

Les étiquettes de vêtements arborent des appellations « green » et responsables dans l’immense majorité des magasins. Certaines garantissent des conditions de travail justes et encadrées, d’autres s’intéressent à l’impact environnemental pour la fabrication, tandis que d’autres … SPOILER … ne garantissent rien du tout.

Chez Pitumarka, on a justement creusé en profondeur toutes les certifications pour ne faire aucun compromis sur la conception d’un vêtement. On pense sincèrement que de bons choix impliquent de bonnes informations.

C’est donc ce qu’on va essayer de décrypter aujourd’hui en présentant une liste des certifications et labels les plus connus.

Vous êtes prêts ?

Allez c’est parti

Sommaire :

  1. La différence entre « label » et « certification »
  2. Pourquoi des certifications textiles existent ?
  3. La certification GOTS
  4. Oeko-tex Standard 100
  5. EU Eco Label
  6. Coton BCI
  7. Fair Wear Foundation
  8. FairTrade

1) La différence entre « label » et « certification »

On va commencer par les bases, et on va être tatillon sur 2 termes précis.

Un label est apposé à un produit afin d’en garantir l’origine, le niveau de qualité, les spécificités et se caractérise par des signes distinctifs (logo, nom, etc.)

Ils sont attribués de manière individuelle et nominative par une autorité qui reconnaît qu’une marque par exemple respecte un certain nombre de qualités.

Exemple de label : Oeko-Tex Standard 100, Coton BCI, etc ;

Parfois moins rigoureux que les certifications, les labels sont parfois auto-décernés par le fabricant ou le distributeur sans qu’il n’y ait de contrôle d’un tiers indépendant.

La certification est une procédure qui vise à faire valider le cahier des charges d’une entreprise par un organisme indépendant. Ce processus d’évaluation aboutit à une validation écrite que l’organisation ou le produit répond à certaines exigences. Contrairement aux certifications textiles première et seconde partie, la certification tierce partie est la plus impartiale car un organisme certificateur indépendant vérifie la conformité.
Exemple de certifications textiles : GOTS, FairTrade, B-Corp, etc.

2) Pourquoi des certifications textiles existent ?

L’industrie textile emploie principalement des travailleurs dans des pays en cours de développement. Dans ces pays, la réglementation nationale est très faible, que ce soit sur la protection sociale ou pour l’environnement. De plus les règles internationales comme l’Organisation Mondiale du Travail ne sont pas très contraignantes.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses marques ont exploité (et exploitent encore) des travailleurs à l’autre bout de la planète avec des conditions de travail rudes et des salaires ridicules.

Heureusement pour l’environnement et les travailleurs, des scandales éclatent et, nous consommateurs, arrivont à avoir des brides d’informations sur les conditions de fabrication de nos produits préférés.

De plus en plus de consommateurs sont plus avertis, plus curieux et désireux de consommer des produits plus éthiques et plus responsables. Le drame du Rana Plaza en 2013 a été un révélateur pour beaucoup de personnes, et les dérives de l’industrie textile portées par les grosses marques de fast-fashion sont de plus en plus visibles. (Voir l’article de Wikipedia ICI)

C’est ce qui a motivé certains clients et prospects à s’intéresser de plus en plus aux étiquettes, aux labels textiles et aux pratiques des marques.

En effet les certifications textiles permettent de contrôler différents éléments d’une marque et/ou d’un vêtement : respect des conditions de travail équitable et éthique, l’interdiction de substances chimiques, les procédés de production et de transformation, le côté biologique, etc.

Des organismes privés et des ONG (Max Havelaar pour le label FairTrade par exemple) créent et s’assurent de la bonne attribution de ces certifications.

Les limites :

Attention quand même, les certifications et labels textiles ne permettent pas de tout vérifier. L’empreinte carbone, les matières premières utilisées ou la consommation d’eau ne sont pas toujours vérifiées ne façon limpide par les certifications textiles.

Le point le plus énervant c’est que certaines marques utilisent des certifications pour profiter de cette nouvelle tendance et surfer sur la nouvelle vague écolo.

Donc fais gaffe au green-washing qui est monnaie courante pour ces marques qui augmentent leurs marges et communiquent énormément dessus !

Après cette longue mais nécessaire introduction, on va te parler en détail des certifications.

3) La certification textile GOTS

logo gots global organic textile standard pitumarka

On va commencer par la plus exigeante et la plus poussée des certifications : GOTS pour Global Organic Textile Standard.

Cette certification audite à la fois le volet social ET environnemental de façon stricte sur toute la chaîne de production.

Son cahier des charges est extrêmement pointu car il est le plus complet des labels textiles pour les matières naturelles :

  • Coton
  • Laine
  • Chanvre
  • Soie
  • Lin

La certification GOTS certifie :

  • L’origine biologique de la matière textile
  • Des procédés de production respectueux de l’environnement et socialement responsable sur la chaine de production : récolte de la matière première, filature, tissage ou tricotage, découpage, confection.

Les garanties sociales de la certification textile GOTS :

La certification GOTS interdit :

  • Le travail des enfants
  • Le travail forcé
  • La discrimination à l’embauche et pendant le travail
  • Le traitement brutal des travailleurs

GOTS certifie par ailleurs :

  • Un salaire décent sans horaires à rallonge
  • Des conditions correctes de sécurité et d’hygiène

Les garanties environnementales de la certification GOTS :

L’industrie textile est extrêmement polluante à la fois pour les sols, pour l’air mais également pour les travailleurs qui sont exposés et les clients finaux qui portent les vêtements. A cet effet, la certification GOTS interdit :

  • Les OGM (organismes génétiquement modifiés)
  • Les perturbateurs endocriniens
  • Les métaux lourds
  • Les produits chlorés, le nickel, le chrome, le PVC
  • Les substances cancérigènes
  • Les solvants aromatiques et phtalates dans les impressions

Par ailleurs, et c’est un point hyper important, la certification GOTS est la seule certification textile qui garantit le l’utilisation de fibres naturelles biologiques pour au moins 95% du tissu.

4) Oeko-Tex Standard 100

Bien que le label Oeko-Tex Standard 100 soit très répandu dans l’industrie textile, il est loin d’être le plus rigoureux, et couvre au final que peu d’aspects.

Le label assure la non-toxicité des éléments testés : que ce soit sur le vêtement final et complet, ou sur un des éléments entrant dans sa fabrication (teinture, boutons, fil à coudre, etc.)

Il interdit :

  • Les colorants allergènes ou azoïques (cancérigènes)
  • Les métaux lourds
  • L’utilisation de phtalates et benzène

PAS de certification d’ordre environnemental ou social

Oeko-Tex Standard 100 s’appuie sur une approche purement sanitaire : le label garantit que le vêtement ne représente pas de danger pour la santé du consommateur … et rien de plus.

Les éléments non garantis par le label :

  • L’aspect biologique du tissu (principale source de confusion) : les OGM, engrais chimiques et pesticides sont autorisés. D’ailleurs vous pouvez trouver des tissus synthétiques comme du polyester certifié Oeko-Tex
  • La gestion des déchets
  • La non utilisation de produits chimiques pendant le processus de production

Donc c’est bien d’un point de vue sanitaire mais il faut privilégier d’autres certifications pour l’aspect environnemental et social.

5) EU Eco Label

Il s’agit ici d’un label Européen pour les vêtements et produits textiles qui est inscrit dans la législation européenne et est géré par la Commission européenne

Ce dernier porte sur l’impact environnemental d’un vêtement pendant sa durée de vie : fabrication, distribution, recyclage, etc.


L’eco label interdit les substances nocives ou néfastes à l’environnement comme :

  • Les pesticides
  • Les substances cancérigènes
  • Les produits toxiques

Par ailleurs, il exige aux fabricants une certaine efficacité énergétique et le traitement des eaux usées.
En revanche il ne certifie pas de volet social ni d’aspect biologique. En effet ce label peut s’appliquer à du coton comme à du polyester.

6) Coton BCI

Attention greenwashing !

Même si ça part d’une bonne intention (WWF est à l’initiative en 2015), les enseignes de la mode (H&M, Zara, Adidas, etc.) ont créé de toutes pièces ce label.

Les marques établissent entre elles les bonnes pratiques à adopter pour une culture plus responsable du coton.

La démarche vise à indiquer « une direction à prendre » qui tend vers plus de « durabilité », sans pour autant indiquer ce que les cultivateurs de coton doivent faire.

En revanche, les objectifs à atteindre ne sont pas indiqués : il n’y a pas de cahier des charges précis pour mesurer ça.

De plus les substances controversées restent autorisées : OGM, pesticides, engrais chimiques, etc. Pire que ça, le tissu labélisé BCI peut contenir peu ou pas de coton BCI. En effet dès lors qu’une usine est labellisée BCI, tous les vêtements que construit cette usine dans cette année sont labellisés d’office « BCI » comme le souligne un reportage de Cash Investigation via Sandrine Rigaud.

A éviter donc !

7) Fair Wear

La Fair Wear foundation est une fondation indépendante qui travaille pour contrôler et améliorer les conditions de travail.

Elle travaille main dans la main avec les entreprises adhérentes pour s’assurer de conditions de travail décentes.

La Fair Wear Foundation se concentre sur les étapes de confection du vêtement, notamment la coupe du tissu et l’assemblages des pièces. L’audit est réalisé par les marques partenaires et la Fair Wear procèdent à des entretiens de travailleurs pour s’assurer que tout est conforme en termes de sécurité et de santé.

Pour cela, le label s’appuie sur les conditions définies par l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et notamment :

  • Obligation de verser un salaire décent : conforme au moins aux normes légales
  • Interdiction :
    • Du travail forcé et contraint
    • De la discrimination au travail (race, couleur, sexe, origine sociale, handicap, etc.)
    • Du travail des enfants (ne doit pas être inférieur à 15 ans comme mentionné dans l’OIT)
  • Condition de travail en toute sécurité : hygiène et sécurité au travail (ça aurait notamment permis d’éviter le drame du Rana Plaza)
  • Liberté d’association et droit de négociation collective (droit d’adhérer à un syndicat)

8) FairTrade

Voilà un label qu’on retrouve un peu partout pour peu que vous fassiez des achats éthiques aussi bien dans l’industrie textile que dans l’alimentaire (plaquette de chocolat par exemple !)

La certification FairTrade, ainsi que ces 21 pays membres, et de promouvoir la consommation équitable des pays situés dans l’hémisphère Nord et permettre le développement durable des producteurs qui travaillent dans les pays en voie de développement et situés dans l’hémisphère sud.

Étant donné que nous travaillons avec le Pérou, la certification FairTrade était un incontournable comme vous vous en doutez.

L’association FairTrade Labelling Organizations International (FLO) est indépendante et regroupe 2 organisations : l’ONG FairTrade International qui coordonne les normes du commerce équitable, et l’organisation FLO-CERT qui les produits.

Ainsi, la certification FairTrade atteste que les matières premières (le coton en l’occurrence) ont été cultivées et récoltées conformément aux règles solidaires du Commerce Équitable

Ainsi, Fairtrade Max Havelaar certifie :

  • Un coton cultivé et ramassé par une exploitation familiale ou en coopératives structurées et démocratiques
  • Un prix garanti aux producteurs tout le temps, toute l’année et même si les prix venaient à chuter
  • Une prime de développement versée en plus du prix du coton au kilo : cette prime est ensuite « réinvestie » par la communauté d’agriculteurs après une décision prise en groupe
  • Le respect des conditions de travail via l’OIT
    • Sécurité sur le lieu de travail
    • Pas de discrimination
    • Interdiction du travail des enfants
    • Protection
    • Interdiction du travail forcé
  • Absence de cultures OGM

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