Le problème avec Vinted

les problèmes avec vinted sont nombreux et concernent la surconsommation, la surproduciton et l'impact carbone

Quel est le problème avec Vinted ? Acheter en seconde main est une pratique souvent perçue comme écoresponsable, autrefois principalement portée par les magasins solidaires, tels que Emmaüs ou les Ressourceries. Des structures aujourd’hui supplantées par les plateformes en ligne, et plus particulièrement celle de Vinted.

Ainsi, si la plateforme avait initialement était identifiée comme une bonne alternative à la fast fashion, notamment par l’ONG Zero Waste France, force est de constater qu’elle n’a absolument pas conduit à une mode plus éthique, bien au contraire. Entre surconsommation et pratiques commerciales abusives, on t’explique tout dans les lignes qui suivent !

Le problème de Vinted, c’est le soutien au business model et à la fast fashion

“Tant pis si je ne porte cette fringue que deux fois, au pire elle finira sur Vinted”,

Voilà une phrase symptomatique des comportements de consommations de ceux que l’on appelle les Vinties, ces acheteurs et revendeurs adeptes (compulsifs) de la plateforme Vinted.

Ainsi, plutôt que de réduire l’impact de la fast fashion, Vinted encourage au contraire une rotation toujours plus rapide des vêtements, dont la grande majorité est justement issue de cette mode rapide et sans éthique. Sur la plateforme, les vinties augmentent leur pouvoir d’achat afin de le réinvestir immédiatement dans du neuf, lui-même issu de la fast fashion (tu le vois le serpent qui se mord la queue ?!)

Selon une étude de Vestiaire Collective (une autre plateforme sur laquelle il y aurait également beaucoup à redire), ce sont ainsi près de 30 % des utilisateurs qui vendent pour s’acheter de nouveaux articles.

Sans compter que le principe de base de Vinted, à savoir le vide-dressing, est même parfois totalement absent de la pratique de certains vendeurs professionnels. Alors que la plateforme compte des millions d’annonces, dont certaines sont réellement de seconde main, des boutiques indépendantes profitent du système pour vendre leurs vêtements neufs issus de modes de production fast fashion.

Ainsi, Vinted s’appuie sur le modèle de surproduction de la Fast fashion, qui vise à produire d’abord pour vendre ensuite par tous les moyens. Sans cette surproduction, de l’ordre de 100 milliards de vêtements conçus chaque année, nous ne serions pas tentés de céder à la surconsommation.


Le problème avec Vinted, c’est la surconsommation

En achetant d’occasion, les utilisateurs Vinted augmentent considérablement leur pouvoir d’achat, ce qui leur permet d’augmenter d’autant les volumes de leurs commandes. Les vêtements nouvellement acquis en grand nombre engendrent ensuite un effet d’accumulation. Nombre d’entre eux sont alors stockés dans les armoires, sans jamais être utilisés, ce qui est une forme évidente de gaspillage.

Cet effet pervers est d’ailleurs beaucoup accentué par l’interface de la plateforme Vinted qui pousse l’utilisateur à l’achat compulsif. Ici, l’accès à la consommation est grandement facilité, et fait largement oublier cette question pourtant essentielle :

“Est-ce que j’en ai vraiment besoin” ? »

Ainsi, puisqu’il est si facile d’acheter et de vendre sur Vinted, les consommateurs échangent leurs biens presque instantanément plutôt que de les conserver, et surtout de les utiliser !

L’ennui avec Vinted, c’est son impact carbone

Le transport des colis

Les milliers de colis qui circulent quotidiennement sur nos routes ont nécessairement un impact carbone important. À raison de deux articles vendus chaque seconde sur Vinted, le nombre colossal de colis individuels en transite augmente toujours plus l’empreinte carbone de la plateforme.

Des transports assurés à 88 % par des camions et sur des distances de plus en plus longues, traversant toute l’Europe des Pays-Bas à l’Espagne.

Loin des préoccupations environnementales, mais pour des raisons évidentes de profits, Vinted a choisi de supprimer l’option permettant aux acquéreurs de sélectionner les vêtements et accessoires disponibles à proximité de chez eux. Par extension, il leur est également impossible de récupérer les articles achetés sur la plateforme par leur propre moyen.

Le stockage des données

On l’oublie très facilement, mais le bilan carbone de Vinted est également alourdi par ses nombreuses données (annonces, photos, messagerie…) stockées sur des serveurs informatiques énergivores. Des serveurs qui fonctionnent en continu, et qui sont pour la plupart alimentés par une électricité issue de sources énergétiques non renouvelables et très polluantes.

Le problème de Vinted, c’est sa “protection acheteur” abusive

En 2021, l’UFC-Que Choisir lance une action de groupe contre Vinted pour pratique commerciale trompeuse. Dans le giron de l’association : la “Protection acheteurs” de la plateforme, une commission facturée à chaque transaction et pourtant présentée comme optionnelle. 

Le montant de cette commission, finalement obligatoire, n’apparaît à l’acheteur qu’au moment de régler son achat, et sans qu’aucune fonctionnalité ne lui offre la possibilité de refuser la “Protection acheteurs”.

L’UFC-Que Choisir estime ainsi les gains de Vinted, par le biais de cette commission, à environ 5 % du prix de chaque vente réalisée sur la plateforme.

L’ennui avec Vinted, c’est aussi le blocage intempestif des comptes

Vinted fait l’objet de certaines crispations au sein même de ses adeptes, en particulier en raison du blocage systématique des comptes lors d’un signalement pour contrefaçon par d’autres utilisateurs. Si le principe semble a priori louable, ces alertes parfois infondées font l’objet de dérives flagrantes :

  • une fois bloqué, le vendeur n’a plus accès à son porte-monnaie Vinted, et la plateforme a alors tout le loisir de récupérer le fruit de ses transactions précédentes.
  • Les signalements sont également abusivement utilisés par certains Vinties peu scrupuleux qui s’en servent comme moyen de pression pour faire baisser les prix.
  • Enfin, les utilisateurs les plus malhonnêtes profitent également de cette politique de gestion des comptes pour déclarer des contrefaçons imaginaires, afin d’obtenir des remboursements a posteriori.

Le problème de Vinted, ce sont les arnaques sans contrôle

Sur Vinted, les acheteurs sont totalement libres de fixer les prix de leurs pièces comme ils l’entendent, sans aucune forme de contrôle par la plateforme. Ainsi, s’il est possible d’y faire de très bonnes affaires, les acheteurs ne sont pas à l’abri des arnaques.

À commencer par les articles vendus à prix d’or qui se révèlent être des contrefaçons, ou même des pièces indiquées comme neuves et qui ont pourtant déjà servi.

Plus couramment, certains vendeurs revendent leurs pièces au même prix que du neuf, et parfois même au-delà de leur valeur d’origine. On y trouve, par exemple, des vêtements en rupture de stock de la marque Sezane, vendus à prix d’or par les Vinties qui profitent de leur rareté pour dégager des bénéfices.

Certains Vinties en viennent même à spéculer sur la valeur de certains accessoires ou vêtements achetés à un instant T dans l’espoir de les revendre bien plus cher lorsque ces pièces seront à la mode dans les prochains mois.

Le problème de Vinted, c’est qu’il te transforme en bon petit soldat de la société de consommation

L’économie collaborative n’a pas que du bon, et Vinted en est une preuve flagrante ! Sans pourtant aucune connaissance des techniques de marketing, les utilisateurs sont poussés à “jouer à la marchande” afin d’engendrer toujours plus de transactions sur la plateforme.

Maître du jeu, Vinted les oblige à publier au moins trois photos par produit, à développer une description détaillée des articles, et va jusqu’à leur apprendre à jouer avec les codes du storytelling…

Sans même le désir de devenir des professionnels de la vente, les vinties sont formatés pour devenir de bons petits soldats de notre chère société de consommation.

Conclusion

Sous couvert d’une communication savamment orchestrée autour du greenwashing, la dimension écologique de Vinted est en réalité totalement absente des pratiques commerciales de la plateforme. Achats compulsifs, arnaques et autres abus… Ce marché perverti de l’occasion, a favorisé l’émergence de nombreuses dérives chez les utilisateurs, dont les pratiques et comportements de vente et d’achat relèvent d’une totale irresponsabilité.

Bref, tu l’auras compris, acheter en seconde main, c’est bien, mais acheter moins souvent et de meilleure qualité, c’est bien mieux !

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