Les différentes matières utilisées dans l’habillement

liste des matières utilisées dans l'industrie textile

Les différentes matières utilisées dans l’habillement se classent en trois principales familles de fibres textiles : les naturelles, les synthétiques et les artificielles. Dans cet article, nous te proposons un petit tour d’horizon de dix d’entre elles, parmi les plus utilisées. Bien évidemment, en tant que disciple de la mode-écoresponsable, tu te doutes bien qu’on ne pourra pas s’empêcher d’y aller de nos petits commentaires quant au caractère écoresponsable ou écocide de chacune de ces matières. Pas de mystère, les matières synthétiques ne sont pas les plus écologiques… mais alors pourquoi les marques de fast fashion les utilisent-elles autant ? Tout simplement parce qu’elles coûtent bien moins chères à produire. En plus, elles se mélangent très facilement aux fibres naturelles. Bref, en mélangeant 80% de viscose à 20% d’alpaga, on obtient : un vêtement peu coûteux à produire, vendu à prix d’or et… parfaitement polluant. Reste sur tes gardes !

Les matières artificielles dans l’habillement

Les matières artificielles sont initialement extraites de diverses sources végétales : le bois, les feuilles, les branches, les tiges, etc. La fibre textile est créée artificiellement à partir de cette source naturelle, via un procédé chimique. La viscose en est le principal représentant.

La viscose

Matière artificielle, la viscose est obtenue chimiquement à partir de cellulose régénérée de coton, de bambou ou d’eucalyptus.

Cette soie artificielle très répandue dans l’industrie textile consomme près d’un milliard de tonnes de pâte de bois chaque année.

Gourmand en eau, les conséquences environnementales du procédé chimique de transformation de la fibre végétale sont très lourdes :

  • La viscose utilise notamment de l’acide citrique et du sulfate de soude. Des produits chimiques toxiques et rejetés dans la nature et les rivières.
  • Le procédé de fabrication des fibres artificielles emploie également du disulfure de carbone, un produit inflammable, toxique et volatil qui engendre une importante pollution de l’air.
  • Le gaspillage des ressources végétales est également effarant. Pour 400gr de fibres viscoses, il faut utiliser près d’1kg de fibres naturelles.

La viscose a aussi de lourdes conséquences sanitaires et sociales pour les ouvriers qui travaillent à sa production. Sans compter sur les intrants chimiques utilisés pour la fabrication de cette fibre artificielle qui pénètrent le corps du consommateur directement par sa peau.

Les matières synthétiques dans l’habillement

Toutes les fibres textiles dérivées de composées plastiques, soit d’origine pétrochimique, entrent dans la catégorie des matières synthétiques. Polyester, élasthanne, acrylique, polyamide… ces fibres sont très nombreuses dans l’industrie de l’habillement.

Le polyester

Le polyester est dérivé du pétrole. Il s’agit d’une matière artificielle synthétique employée couramment dans l’industrie textile. En effet, elle représente plus des 2 tiers des fibres textiles synthétiques utilisées dans nos vêtements. Le succès du polyester est inhérent à sa résistance et son élasticité, ainsi qu’à son faible pouvoir absorbant.

Le polyester est pourtant une matière extrêmement polluante, et ce à tous les stades de son cycle de vie.

  • Outre le fait qu’elle utilise une énergie fossile non renouvelable, cette fibre synthétique est créée à grand renfort de substances chimiques toxiques, responsables d’une pollution exponentielle des sols, de l’air et des eaux.
  • Lorsqu’ils sont nettoyés, les vêtements en polyester libèrent des microparticules de plastique dans l’eau de lavage, qui finit immanquablement dans les rivières et les océans. Une pollution invisible qui représente pourtant l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques.

Source : Ademe

L’acrylique

L’acrylique est une fibre synthétique produite chimiquement à partir d’hydrocarbures. Il s’agit là encore d’un dérivé du pétrole. L’industrie textile l’utilise mélangée à d’autres fibres afin de rendre le vêtement plus souple, doux et facile à entretenir.

Tout au long de son cycle de vie, le vêtement en acrylique a un impact néfaste sur l’environnement :

  • La production de l’acrylique est 30 % plus énergivore que celle du polyester.
  • Sa qualité médiocre (bouloche, déformation, odeurs…) fait du vêtement acrylique un consommable jetable générateur de déchets.
  • Le lavage entraîne la libération de microparticules fibreuses dans l’environnement, car elles sont trop fines pour être filtrées par les stations d’épuration.

Source : Ademe

  • Lorsqu’il est détruit par incinération, le vêtement en acrylique rejette du dioxyde de carbone ainsi que du cyanure d’hydrogène dans l’atmosphère.

Pour ne rien arranger, l’acrylique contient une molécule d’acrylonitrile classée agent mutagène et cancérigène.

L’élasthanne

L’élasthanne est une fibre synthétique chimique dérivée du pétrole, également très utilisée dans l’habillement. Cette matière est appréciée pour son élasticité, et entre notamment dans la fabrication des vêtements de sport.

Constitué de minimum 85 % de polyuréthane, l’élasthanne a de lourdes conséquences sanitaires et environnementales. Notamment, le lavage en machine de l’élasthanne entraîne une diffusion très importante de microparticules plastiques particulièrement néfastes aux écosystèmes aquatiques.

Source : Ademe

Le polyamide

Le polyamide est une matière synthétique issue de la pétrochimie, décliné en plusieurs types.

Matière particulièrement résistante, elle est largement utilisée dans diverses industries, dont le textile. L’habillement emploie principalement le polyamide 6-6, que l’on appelle plus communément “le nylon”.

Là encore, le polyamide est aux antipodes des textiles écoresponsables.

  • Son processus de production est extrêmement énergivore, polluant et très gourmand en eau.
  • Comme le polyester et l’acrylique, le polyamide 6-6 pollue les écosystèmes marins par le biais de nos machines à laver.
  • Une paire de collants en nylon dispose d’une durée de vie de 3 à 5 jours alors qu’elle demande 750 litres d’eau pour être fabriquée, et met plus de 40 ans à se dégrader.

Source : HOP – Halte à l’obsolescence programmée

Les matières naturelles dans l’habillement

Ces matières ont une origine naturelle, puisqu’elles proviennent de plantes ou du poil d’un animal. Parmi elles, on retrouve le coton, le lin, la laine de mouton et d’alpaga, ainsi que le cachemire…

Le coton

Le coton est une matière naturelle d’origine végétale que l’on extrait de la graine du cotonnier. Il s’agit d’une matière textile aujourd’hui très répandue et utilisée à la confection du linge de maison et des vêtements. En effet, le coton dispose de grandes qualités :

  • Il est très absorbant,
  • Confortable et doux,
  • Il prend facilement les teintures,
  • Il est hypoallergénique.

Cultivé en grande quantité, le coton demande de la chaleur, du soleil et beaucoup d’eau pour croître convenablement. Il est donc cultivé sous les climats tropicaux (États-Unis, Afrique subsaharienne, sous-continent indien, Moyen-Orient).

Grande consommatrice d’eau et de pesticides, la culture conventionnelle du coton fait partie des plus dévastatrices. Mais aux antipodes de ces pratiques écocides, on trouve le coton Bio, lui-même cultivé sans pesticide, engrais chimique et insecticide, ni aucun OGM. De fait, il ne pollue pas les écosystèmes environnants et n’épuise pas les sols.

Petit aparté : le coton pima et le coton semi sauvage péruviens sont cultivés dans le nord du Pérou, une région où il pleut naturellement plusieurs mois dans l’année. L’utilisation de l’eau y est donc très limitée !

Le lin

Le lin fait lui aussi partie des matières naturelles végétales. Cette fibre végétale est réputée pour sa grande résistance, ce qui lui vaut d’être utilisée dans le textile comme dans l’industrie.

Recyclable et biodégradable, le lin est une matière écologique par excellence. En effet, on le cultive localement dans les zones tempérées et maritimes de la France et de la Belgique. Sa culture est peu gourmande en eau comme en pesticides, puisque la chaleur du soleil et l’eau de pluie suffisent à son bon développement. De plus, la fabrication du lin en elle-même, du teillage à la confection, ne demande que très peu d’énergie.

Attention cependant aux traitements chimiques (dont les teintures) que subit parfois le lin et qui altèrent ses caractéristiques écologiques.

Le cachemire

Le cachemire est une matière naturelle d’origine animale. Il est conçu à partir de la laine des chèvres cachemires. Cette fibre est très recherchée pour sa finesse et sa douceur. Autant de qualités inimitables qui en font une matière privilégiée par le secteur du luxe.

La chèvre cachemire est originaire des steppes himalayennes. Bien que naturelle, on déplore l’origine du cachemire souvent issu d’un élevage intensif. La maltraitance animale y est courante, sans compter sur les conséquences environnementales induites par de tels modes d’élevage.

Le cachemire biologique est encore une fois à privilégier. Garantie par des labels de qualité, il vous assure d’un mode de production plus respectueux de l’environnement et de l’animal.

La laine de mouton

La laine de mouton fait elle aussi partie des matières naturelles d’origine animale. Elle est ainsi conçue à partir des poils tissés du mouton, et plus généralement du mouton mérinos.

Selon son mode de production, le caractère naturel de la laine de mouton n’en fait pas une fibre écoresponsable.

  • L’élevage conventionnel est une source importante de gaz à effet de serre (20 % de ces gaz sont issus de l’élevage).

Source : PULSE OF THE FASHION INDUSTRY

  • Sans compter sur la dégradation des sols et la pollution des eaux, induites par l’utilisation de pesticides et d’insecticides employés par les producteurs de laine conventionnelle. Autant de produits que n’utilisent pas les éleveurs certifiés Bio.

Selon les pays, les conditions d’élevage des moutons sont très inégales, et certaines pratiques sont totalement proscrites par les labels biologiques et RWS.

La laine d’angora

Attention à la fibre dite “noble” de l’angora. Alors oui, il s’agit bien d’une matière naturelle de grande qualité, mais elle n’est absolument pas éthique ! Les méthodes de production et de confection ne sont pas sans douleur pour les pauvres et très nombreux lapins élevés à cette seule fin. Si tu as le cœur bien accroché, fais un petit tour sur YouTube pour mieux t’en rendre compte. Cœur sensible s’abstenir ! Ces images sont insoutenables.

La laine d’alpaga

On t’a gardé le meilleur pour la fin : la laine d’alpaga est une fibre naturelle d’origine animale. Il s’agit d’une matière haut de gamme qui dispose de grandes qualités.

Elle est ainsi recherchée pour sa douceur, sa légèreté, sa souplesse, sa résistance et son pouvoir exceptionnel d’isolation thermique. En effet, la laine d’alpaga est une fibre thermorégulatrice qui permet de tisser des vêtements sept fois plus chauds que ceux conçus en laine de mouton.

Parfaitement écologique, cette fibre provient de la tonte annuelle de l’alpaga, un petit camélidé originaire d’Amérique du sud où il est élevé en liberté et avec vénération depuis des millénaires.

En outre, la laine d’alpaga ne subit aucun traitement chimique, ni teinture ou blanchiment.

Nous aurions pu également te parler de fourrure, de cuir animal ou de soie, mais nous ne cautionnons absolument pas ce type de matière et de pratiques, du coup nous avons décidé de ne pas l’aborder dans ce guide étant donné que nous ne l’utilisons pas dans notre gamme.

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